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Du comportement de chacun en passant par des coutumes commerciales, de l'agressivité grandissante au culte de l'égoïsme pur, du manque de civisme à la peur de l'agression.
Pas d'autorité ou trop, pas de limite, le désordre règne. A qui la faute ? A trop vouloir pomper le système Américain, le français s'oublie, casse, pille, agresse, déteste, est renfrogné.
Le système se perd, l'engrenage est lourd et la réaction est immédiate. Œil pour œil, dent pour dent. Remix « d'impitoyable », le métro est le far-west urbain. Tu me regardes, je t'agresse. Tu me bouscules, je t'insulte. Paraître, oublier d'être, oublier la flânerie au profit de l'offensive par la provocation. Instincts barbares et actions primaires : c'est neuf, je casse. C'est réparé ? Je me fais chier, je casse encore.
Et puis, il y a le revers de la médaille souillée. L'Élysée, enfant gâtée, enfant Roi, et gastronome. Qui aime les sucreries et le foie gras tout autant que ceux qui n'en n'ont pas.
Et puis il y a le jeux du panier percé : jette une pièce dans l'urne commune, tu n'en n'auras jamais la menue monnaie.
Augmentations, taxes, crise du logement . Des centaines de mètres carrés, vides, place des Vosges depuis 1963. : dix clochards dans la rue au pied du même immeuble.
Appartement social, vide, à deux pas du Panthéon. Désolé, Madame, mais il est réservé...A qui ? On ne le saura jamais. Mais chut, il est réservé. Casper rode dans des murs immaculés.
La France, c'est aussi la mode. La mode des loyers qui dépassent l'entendement, la mode des tomates à sept euros le kilos, la mode des cigarettes surtaxées, la mode de la baguette à un euro dix, la mode des toilettes payantes, la mode de la place de ciné à dix euros, la mode du café à plus de trois euros, la mode d'une salade à vingt quatre euros (oui oui). Je crois bien qu'il y a eu sérieuse confusion dans la conversion franc/euros... Plus de 130 balles une salade ?! Mais on va où là ?
Chose curieuse, en revanche, ça n'est jamais la mode des promesses tenues par ce qui fait office d'élus. Encore moins l'égalité pour tous.
Vaguement, on entend parler de blanchiment, de trafic d'influence, d'escroquerie en tout genre, on entend parler de million d'euros disparus dans des comptes fumeux, paradis fiscaux...et bizarrerie : sont concernés : des gens aussi innocents qu'une belle de jour. « Belle voiture et belle maison ». Comble de l'ironie, ceux là, n'iront jamais en taule...c'est à n'y rien comprendre...Ah oui. Pardon. Ils sont innocents. Désolée monsieur madame.
Il y a tout de même un sérieux fossé : d'un côté, il y a ceux qui ont déjà tout et qui veulent avoir plus que tout, et puis de l'autre, il y a ceux qui n'ont rien et qui en ont sérieusement marre d'avoir moins que rien.
Vraiment, je m'interroge face à cette manie de récolter les fonds communs et de ne rien en faire de particulier. De vous à moi : y'a pas un truc qui cloche ? Non ? Sérieusement ? Moi je crois bien que si. Pourquoi mes impôts ont-il ENCORE augmentés ? Je l'ignore. Tout comme j'ignore à quoi va servir cet argent.
C'est la France de l'apothéose. Allons y ! Donnons. Donnons jusqu'à être soulagé de l'intégralité de nos deniers. Donne moi ta main, je te prendrais ton bras. C'est pas la guillotine, c'est juste son ébauche.
Il n'y aura que des réponses sans fond, sans forme, sans solution.
La France est un pays qui constate en mettant trop de poudre au yeux. Ça gratte un peu, sur le moment, et puis on fini par oublier.
Mais jusqu'à quand ?
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Je n'ai jamais apprécié ni la grammaire, ni l'orthographe. Je trouve que ce sont deux matières complexes et sacrément barbantes. Grammaire. « étude systématique des éléments constitutifs d'une langue. » Orthographe. « désigne l'ensemble des normes qui règlent la façon d'écrire dans une langue. ». Étude systématique et ensemble de normes. Règles. On ne nous laissera donc jamais en paix.
L'Histoire avait instauré la manière d'écrire. Dieu l'en bénisse, me direz-vous, car ainsi, nous pouvions lire sans avoir à s'arracher les cheveux face à l'incompréhension chronique. Mais comme dans toute règle, il y a une exception : la faute. Qu'elle soit d'orthographe ou de grammaire, elle perdure. Que l'on ait 30 ou 50 ans certaines fautes subsistent face à nos lacunes enfantines.
Pour ma part, j'avais un don pour écorcher les participes et je ne parvenais pas à me plier aux exigences induites par les fameux « être » et « avoir ». Ainsi, j'y allais au petit bonheur la chance, comme je l'ai toujours fait depuis ma tendre enfance, marquée par la bonne volonté de mon père à m'expliquer ces accords bien illogiques à mes yeux.
Je trouvais aussi, que, dans la langue française, le S tenait le rôle d'un caprice. Parfois présent, parfois absent. En écrivant « les mots » je trouvais logique de le placer à la fin de « mot », ainsi, il quantifiait. Mais à la fin de « sans » ? est-ce un S bien utile ou un SOS lancé au trio de lettres esseulées ? Ce S écrit mais tu...ha ! Ce S là m'énervait comme un serpent qui se faufile.
De la même manière, l'accentuation. Diacritique, phonétique ou tonique, frappée de deux points flattant l'irrationnel littéraire (tréma)...c'était à y perdre les pédales quand on oubliait d'accentuer. L'accent, quel qu'il soit, était le meneur des troupes alphabétiques. Imaginons : « j'ai aime etre pres de l'etang, me regaler de la beaute du soleil qui decline. » C'est lent. Je veux dire que la phrase amène une lecture lente parce que doublée d'incompréhension mais si j'appose les accents : « j'ai aimé être près de l'étang, me régaler de la beauté du soleil qui décline ». Rien à voir. Sauvés par l'inflexion latine.
Parce que j'en commettais d'illustres, je trouvais que la faute d'orthographe perpétuelle était propre à chacun. Comme je le disais plus haut, je me querellais avec les participes, nous faisions bande à part, si vous voyez ce que je veux dire. Quel étrange paradoxe. Ma non-participation à l'accord des participes. L'espoir vain qu'un jour se créée, enfin, cette alliance tant espérée avec les lois de la conjugaison en espérant profondément que ma déficience syntaxique passe inaperçue...
Enfin, je considérais que la faute d'orthographe induisait le jugement de celui qui la constate. Enfants, c'était une sorte de tribunal des conflits qui s'instaurait à la suite d'une dictée bourrée d'exotismes calligraphiés. La faute amenait à des discussions interminables, déployait la Règle Française incontestable, amenait d'étranges questionnements des premiers de la classe, bref, la faute était jugée, lavée puis essorée et enfin, parvenait à son paroxysme : elle devait, dorénavant, disparaître de nos feuilles d'écolier, de nos têtes étourdies, du bout de la bille de nos stylos. Pour ne pas qu'elle soit reproduite, nous étions menacés d'un recopiage infini de la règle...sans que, pour autant, nous en ayons acquis ses côtés obscurs.
Qui pouvions-nous blâmer ? Voyez comme cet accent apposé sur le mot « blâmer » lui donne un air strict ? Comme son sens. La langue française est stricte, et compliquée, et sournoise mais sans elle, que pourrai-je bien écrire ? Qu'il aurait fallu l'inventer ?
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La journée a été bonne. Et pour rendre grâce aux circonstances qui me l'avaient rendues ainsi, je me jetais, corps et âme, dans un hommage littéraire. Je ne savais pas trop ce que j'allais écrire. En fait, je n'en savais rien du tout. C'est comme ça. On est toujours surpris par l'inspiration et ce qu'elle peut insuffler. On est toujours étonné de ce que l'on crée, sur le fil de l'humeur ou sur celui des sentiments. Peut être était-ce dû à ce temps estival ? Peut être aussi à l'aboutissement d'une de mes lectures que j'avais achevée et adorée ? Peut être aussi, que l'air du temps incitait à avoir de la considération pour ce qui est simple, et beau, et là.
La simplicité est offerte à toutes les mains. Aux miennes, aujourd'hui quand j'avais saisi des bribes d'existences qui se sont agitées autour de moi, et que je les avais observées sans qu'aucune ne s'en doutent. Non, cela n'est pas du voyeurisme. Pas non plus de l'indiscrétion. Juste de la considération, pour une fois. Etre au milieu d'une foule qui ne pèse pas, sans que je lui pèse, non plus.
C'est fou de ressentir l'apaisement. Oui, c'est de l'apaisement que j'avais bel et bien ressenti aujourd'hui. En m'allongeant dans l'herbe, face à l'eau, au soleil. L'image est buccolique, mais bien présente.
Il ne manquait qu'un élément, indisponible, un peu loin, mais si précieux. Tout le monde devrait avoir un élément comme celui-ci, un peu comme une jolie cerise sur un beau gâteau. Cet élément au goût délicieux et sucré qu'on a désarmé naturellement de tout excès tapageur.
Taisons-le pour qu'il garde tout son charme. Les esprits curieux me poseront des questions. D'autres, plus avisés, sauront, peut être, de quoi je parle. C'est un élément simple et doux. Etait-ce l'eau ? Était-ce une plume ? Était-ce le vent ?
J'avais la chance d'avoir cet élément dans ma vie. Je parle de chance mais ce serait plutôt un genre de bénédiction, un don du ciel. Un bonheur si grand. Comme l'univers. J'ai pensé à cet élément toute la journée. J'ai pensé à tout ce qu'il y a de bon en lui. Il ne connaît pas l'existence morne. Il vous souffle la bienveillance comme pour calmer une brûlure, il vous souffle le répit, la volupté.
Parce que si cet élément veille sur moi, je veux aussi, veiller sur Lui.
Ilyam.
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Je referme l'oeuvre. Je l'ai lu en moins d'une semaine. J'ai été séduite. Lire Amélie est une prise de risque : le choix de son premier Nothomb est capital. Le dévolu doit être judicieux car on attrape, vite, très vite, le vice, l'envie, l'irrésistible envie d'en lire un suivant au risque de s'en dégoûter. Avec Nothomb, j'ai vécu la rupture après Antechrista. J'ai snobé Nothomb, considérant que sa facilité à écrire ne devait pas faciliter ma lecture. Et puis j'ai envisagé la réconciliation. C'est avec Ni d'Eve, ni d'Adam, que, étrangement, la flamme s'est ravivée.
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Pour ne pas en avoir été toujours digne, j'étudiais cette relation parfois étrange : l'amitié.
C'est au détour d'une conversation que je me rendis compte que dans l'amitié, il y avait des nuances. Le meilleur ami, l'ami, le copain, le pote, la connaissance, et la bonne copine. Le premier de la liste, n'était jamais, le pauvre, appelé par son prénom. On le voyait affublé, bien malgré lui, de l'appellation d'origine, contrôlée des années plus tôt : « mon meilleur pote » : mon meilleur pote travaille dans la banque, ce qui est arrivé à mon meilleur pote est impensable..., mon meilleur pote y est allé.. Nous ne savions jamais qui se cachait sous «ce meilleur pote» Nous ne savions qu'une chose : il était la référence, le juge, l'arbitre et il y avait une perte d'identité sévère dans l'oubli permanent de son prénom. Le meilleur ami ne s'appelait plus, il était qualifié. Un peu comme le meilleur ouvrier de france : dans l'amitié, il était brillant. Doué dans des domaines où nous n'excellions pas, parfait en toutes circonstances, au courant de toute notre vie. Peu importait finalement qu'il ait un prénom. Ce qui lui valait ce juste titre, c'était cette veine talentueuse que nous lui considérions innée. Le meilleur ami était la parole d'évangile, la bible personnelle des périodes houleuses, le témoin obligé de nos plus désastreuses aventures, le premier « au courant » et tout cela, qu'il le veuille, ou non. Je me demandais si avoir le rôle de meilleur ami n'était pas dangereux car il fallait pouvoir réconforter quoiqu'il advienne, écouter à tout moment, répondre au téléphone de jour comme de nuit. Etre « meilleur ami » c'était faire face à l'adversité à la place de.
Le meilleur ami, par ses bons conseils, certifiait que la juste décision avait été prise, et quand bien même nous n'en étions pas certain, nous nous raccrochions à ce qu'Il avait préconisé et considérions que son choix avait été le bon.
Il y avait un degré dans cette amitié là : en général, les gens n'avaient qu'un seul meilleur ami, rarement deux, jamais trois. Et ne pas en avoir du tout relevait de l'impossible : « hannnn t'as pas de meilleur ami ? ». Non, je n'ai pas de meilleur ami j'ai des potes. C'était la fin des haricots.
La meilleure amitié n'était donc pas toujours courante mais parfois groupée.
Le pote était le compagnon de soirées, celui avec qui on rigole bien, celui qu'on appelle et qui répond toujours présent, celui, qui, dans un futur lointain, pourrait bien devenir le meilleur ami. Le pote, c'est la balise que nous repérons quand nous nous trouvons dans des situations un peu compliquées. «Ah ??? oui oui, c'est bien lui, là bas, mon pote. Désolée, il faut que je te laisse». Le pote est, malheureusement, une bouée de sauvetage.
Quand à la bonne copine, source de ma présente réflexion, c'est une autre histoire. Tout le monde à une bonne copine dans les cosmétiques. Cette bonne copine là, c'est la cerise sur le gâteau en matière d'amitié. Cette bonne copine, que je n'ai d'ailleurs pas, a toujours plus d'un tour dans son sac et a le don de fournir gratuitement, où à des prix défiant toute concurrence, le parfum que nous portons, les cosmétiques trop chers, voire, quand on a de la chance, des billets d'avions pour le monde entier.
«J'ai une bonne copine qui peut t'avoir ce parfum pas cher». Seulement voilà, la bonne copine à le don de l'omniprésence, fait irruption dans une conversation, n'a pas de prénom, et ne réapparaît jamais quand on a besoin. Je pense que c'est pour cela que je n'en n'ai pas.
Je m'imaginais la bonne copine comme une fille de trente ans, bien dans sa vie, coquette, raffinée, travaillant chez Marionnaud, et fournissant gratuitement les testeurs, au bras d'un amoureux fier de sortir avec celle qu'on appelait « la bonne copine ». Je me disais qu'ils vivaient dans une sorte de caverne d'Ali Baba, regorgeant de tous ces cosmétiques que nous n'aurions jamais, du moins à ce prix dont je tairais le chiffre. Le problème de la bonne copine, c'est qu'elle n'a pas droit aux bon copains. Elle est unique, peut se vanter du monopole de la bonne affaire, et encore une fois, ne se voit pas appelée par son prénom.
Et quand, enfin, on la rencontre, cette bonne copine, dans une bonne soirée, on peut se dire que c'est une chance. Pour une fois elle ne se cache pas dans sa caverne, oui, mesdames et messieurs, elle en est sortie. C'est un peu comme une very important personn.
Je n'étais la bonne copine de personne, puisque je ne travaillais pas dans les cosmétiques.
Je revêtais à ce jour, diverses facette de l'amitié. J'étais une meilleure amie, une petite amie, une amie, une pote, une connaissance, une fille qu'on connaît de vue, mais j'étais aussi une fille qui avait trahi.
Je devais faire face à cette dernière appellation, même si je considérais qu'il y avait eu maldonne sur la question. Amélie saura de quoi je parle, même si nous n'avons pas la même explication sur ce différent qui nous oppose. Je l'avais laissé tombée à un moment crucial et théâtral qui ne supportait aucun rabibochage. Ma raison n'était pas valable, la sienne était indiscutable. L'exception confirme la règle : l'amitié supporte mal la divergence et l'obligation.
Souvent je pense à l'amitié. A la place qu'elle occupe dans nos vies et, dans l'échelle sentimentale, elle se situe à mi-hauteur. Car pour gagner l'amitié de quelqu'un il a été décrété que cela se comptait en années. L'amitié, ce n'est pas du tout cuit. Ne se prétend pas « ami », qui veut. L'amitié doit apporter la preuve de sa nécessité. Tu m'appelles pour prendre des nouvelles, c'est gentil merci. Si nous ne rappelons pas dans les quinze jours, nous perdons l'étoile si durement acquise et sommes rabaissés, illico, au rang de « simple connaissance ».
Il se dit couramment que les amis se comptent sur les doigts d'une main. Si nous en dénombrons six rien ne va plus. La norme a alors un gros défaut : celui d'avoir trop d'amis et donc d'être qualifié de « type qui se fait chier dans sa vie ».
Si je continuais à disserter sur l'amitié, je crois que je perdrai des lecteurs. Sciemment, je me mettrai à critiquer-dans le bon sens, comme dans le mauvais- tous ses aspects et du coup, me verrai confrontée à l'aspect catégorique de l'analyse : l'amitié, ça ne s'analyse pas, ça se construit.
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Où étaient passés nos artistes ? Mon oreille, que je considérais fine, était effrayée. Attentive aux nouveautés musicales, elle était, la pauvre, bien abîmée. Je tairais ici la fréquence radio qui paralysât mon ouïe, pas plus tard que ce matin.
Mes esgourdes, habituées à des tendances plutôt rock et soul, s'attachèrent à une surdité naissante mais bienveillante quand un texte, sans queue ni tête, sans voix ni rythme, bref, nullissime, attentât à mon optimisme matinal (l'indice est le suivant « ma chanson est naïve »). Cela me fît l'effet d'un bide géant, aussi creux, si ce n'est plus, qu'un tube de Cindy Sander, adulée de sa radio locale, en direct d'une discothèque prisonnière des années 80.
Qui était donc ces gens que l'on persuadaient d'être de véritables artistes ? J'étais abattue et préférais oublier le pathétique de la chose en me tournant vers l'authentique sonorité, là où traînait encore notre organe, du moins le mien : au cœur même des bandes originales de Quentin Tarentino, de la voix rauque de Janis Jopplin, du miracle sur cordes de Jimmi Hendrix ou encore du frisson teinté d'Otis Redding.
Nos artistes avaient bel et bien disparu. Heureusement, la génétique faisait des miracles et avait transmis la musicalité à certain d'entre eux, succédant à leurs pères, en ayant à cœur de ne pas laisser mourir, à tout jamais, ceux qui avait disparu hélas prématurément.
L'an 2000 était musicalement électronique, tectonique, gravé, mixé, revisité, sûr de lui. Si les nouvelles stars ne l'avaient pas investi de la sorte, la fin des haricots aurait sans doute été évitée et mes feuilles, épargnées. Car la musique, de nos jours, si tant est qu'il en existe une, révèle bien que nos artistes n'ont peu, voire, aucun talent. Pourquoi applaudir, jusqu'à s'en écorcher les paumes, celui qui reprendra à l'identique et parfaitement phonétique « hall bail maï seeeeeelf » ?
En encourageant ce fléau artistique, on parrainait, idiots, l'absence de créativité et l'acte notarié consistant à rendre exceptionnels le texte et la musique, en appliquant à la lettre, les bases mêmes du solfège.
Là est toute la différence, si infime, oui, mais si précieuse : le talent et la technique. Et là où demeure l'un, devrait s'effacer l'autre. L'important n'est pas de flinguer notre ouïe en laissant s'exprimer ses cordes vocales au gré de ses humeurs. L'important n'est pas de se savoir doté de l'évidence pour automatiquement la faire parler, chanter, hurler et déblatérer une poésie toute relative.
Alors, j'écoute avant de critiquer, et je constate que les Génies, heureusement, traversent les années autant que les faux artistes en passent à peine la moitié d'une.
Hommage à :
Otis Redding, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Linda Lemay, Yael Naim, Jimmy Hendrix, Janis Jopplin, Al Green, Alicia Keys, Ann Peebles, Ben Harper, Billie Holiday , Bob Dylan, Cats Stevens, Bob Marley, Charles Aznavour, Dinah Washington, Louis Armstrong, Dire Strait, Erika Badu, Etta James, Fiona Apple, Franck Sinatra, Henri Salvador, Jacques Dutronc, Jeanne Chéral, John Lennon, John Lee Hooker, Ray Charles, Keziah Jones, Lenny Kravitz, Lisa Ekdhal, M, Lupe Fiasco, Macy Gray, Marla Glenn, Goldman, Marva Whitney, James Brown, Michel Jonasz, Claude Nougaro, Michel Polnareff, Patrice,Les Pixies, Placebo, les Red Hot Chili Peppers, Radio Nova, TSF, Les rita Mitsouko, Renaud, Tété, Rose, The Ting Tings, Three Dog Night, Tracy Chapman, Tryo, U2, Wiseguys et tous les autres.
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J'étais fumeuse de cigarettes. Et comme beaucoup, je ne me sentais, non pas mal-aimée mais juste tolérée. La cigarette, l'horrible cigarette, le tube de papier ingrat, qui, si petit, se consumait avec délice dans les doigts des uns, avec horreur, au nez des autres.
Ce vice m'avait saisi à l'orée de l'âge adulte, quand, ignorante, j'acceptais le piège nicotinique. En catimini, j'allais commettre l'irréparable et tomber dans l'accoutumance, l'ignoble tentation qui me ferait inventer des stratagèmes délirants pour cacher à mon entourage le passage à l'acte prohibitif.
L'expérience fût épique. L'« ennamie » avait préalablement choisi la cigarette mentholée que les lycéens qualifiaient de « moins dangereuse pour la santé ». Soucieuses de la notre, si fraîche, nous appliquâmes à la lettre ce décret innocent, toutes prêtes à sauter le pas d'une étape qui nous rapprocherait plus vite de l'âge adulte. Il revint à mon instigatrice le plaisir d'ouvrir le paquet, d'arracher le fin cellophane et me faire sentir, enfin, l'effluve pernitieuse.
Je devins accroc.
Les années passèrent sans que je ne me rendis compte de l'effet notoire de la cigarette sur ma santé. J'ai pourtant testé nombre de substituts, patchs, gums et cacahuètes, en vain. La cigarette devenait le sixième doigt de ma main, le voile bleuté sur mon visage, la contenance en société et le compagnon de mes états d'âme.
Je la savais pourtant perfide et maligne, obligeant le faible à lui céder, si, l'agacement, l'énervement, l'ennui ou l'euphorie d'une situation tentaient de lui faire obstacle. Elle, si petite et mesquine, filtrait l'amer goût de la dangerosité pour susciter celui de la dépendance.
« Fumer tue ». Le slogan perturbait, sans doute pas assez, puisque les interdictions se succédaient pour le plus grand plaisir des cœurs sains face au désarroi des intoxiqués. Je parvenais à appliquer la loi, pour le bien être des autres, avec, tout de même, une pointe de mécontentement. Que deviendrait l'amateur d'expresso sans sa cigarette ? Qu'adviendrait-il du repas gastronomique sans le cigarillo-cognac ? L'idée de devoir se contenir m'avait inquiété.
J'avoue avoir esquivé ces endroits de peur de ne plus en savourer leurs fonctions originelles : être sociable, tel quel. Car finalement, la cigarette ôtait l'infime de se sentir, parfois, ridiculement seul dans un établissement de partage.
Du coup, elle devint le compagnon des extérieurs, la doublure des nuits fraîches, le camarade des devantures, le partenaire de l'esquive d'une discussion creuse.
Et c'est ainsi que le fumeur fût montré du doigt en l'arborant au bout des siens, pariât nocturne ou diurne, dans la rue. Mais en exilant ainsi ceux qui l'avaient adoptée, la loi, aussi bénéfique soit elle, divisait les populations et empêchait le geste automatique du filtre vers la bouche. Le supplice était atteint, on voulait faire de nous des Non-fumeurs. Pari raté puisqu'on ne tardât pas à nous reprocher la nuisance, sonore cette fois-ci. Et cette dernière tenait à l'emplacement du tombeaux de nos cendres : sur la voie publique. Sans doute une prédestination à notre cruel devenir que nous acceptions, néanmoins, en connaissance de cause.
J'admire ceux qui ont réussi à stopper cette consommation suicidaire et, idiote, je me pose encore la question de savoir comment ils parviennent à s'en passer. C'est fou, d'avoir peur d'arrêter de fumer. La cigarette, Elle, mystifiée par cet étrange pouvoir d'outrepasser des timidités maladives, Elle, qui fournit l'aplomb et l'assurance... On propose la cigarette au condamné...ne serait-ce pas le plus honteux des pléonasmes ?
Demain, j'arrête...
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Je ne savais pas manier les sentiments. J'étais parvenue à cette désolante conclusion à force de vivre dans le giron de la solitude, qui, selon moi, m'avait adopté et décrété que j'en serai un de ses membres les plus actifs. Etre seule c'était considérer le temps qui passe en trouvant absolument l'apaisement pour contourner l'ennui. Je trouvais triste de n'avoir qu'un seul avis, sur tout.
Il me fallait oser, ici, parler de ce qu'il était préférable de taire, en société. Ces choses là, à mon grand regret, m'inspiraient profondément, trahissant ceux qui me croyaient capable d'une légèreté quotidienne. C'était une chose que je ne savais pas faire : être légère. J''estimais que cela ne me secourrait pas et m'empêcherait de ressentir, à fleur de peau.
Alors, pour exhorter, j'écris. J'écris à l'imparfait des thèmes qui le sont tout autant.
Je parle avec plus de facilité, au présent, des choses qui écorchent, à vif. Oui, je crois bien être une écorchée. Une de ces femmes incapable d'aimer, qui pleure vite pour peu et qui éprouve, pour tout. Ne pas savoir aimer retient, trop loin, trop longtemps, ceux qui engageaient le sentiment en espérant une réponse effective et insouciante. C'est un drame aussi, que de s'en rendre compte, pire d'en parler ouvertement.
Mon cœur est écorché et bat plus au rythme d'échecs répétés que sur d'heureuses sonates. Être écorchée c'est finalement ressentir deux fois plus, dix fois, cent fois, et ressentir deux fois plus le tourment que ceux qui parviennent à le contourner, c'est déchirant.
Je parviens plus à écrire en m'aidant de mélancolie, de grisaille et de morosité. C'est ainsi et je crains le reproche. Je suis, aujourd'hui, fatiguée de ne pas réussir ou d'autres excellent. Je suis lasse de tant de complications et outrée des importances matérielles qui rôdent autour du sentiment. Je le trouve détérioré, fragile, insaisissable, difficile et torturé. Souvent, je me demande pourquoi il est si dur de parvenir à se faire aimer quand il est si simple de se faire détester. On déteste trop facilement. On hait, on maudit, on peste si vite... C'est un drame de ne pas parvenir à rendre le sentiment doux, quotidien, docile, permanent, et accessible. Est-ce de la timidité ? De la fainéantise ? Aimer provoquerait donc un malaise et détester, une jouissance ? Tout cela est intolérable. Les excuses viennent ensuite et on les accepte parce que l'envie d'oublier se fait sentir, parce qu'il est merveilleux de s'aimer après s'être abhorré. Parce que nous sommes stupides de préférer le conflit et la provocation, à la bonne entente. Je crois que le conflit prête à la discussion, alors que l'amour existe, lui, dans la simplicité et le silence.
Oui, tout cela est intolérable.
Texte publié à la suite d'une relecture impromptue.
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24 notes (3 Pages, 8 par page) [ 1 | 2 | 3 ]
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Caro, fonctionnaire à temps plein et écrivain en herbe à temps partiel, 31 ans, passionnée de lecture, passionnée des mots. Merci de votre passage sur Les Mots de Caro
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