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La nouvelle rubrique d'un quotidien parisien avait attiré mon attention. Des coups de foudre, pour l'heure, à sens unique s'adressaient à des citoyens et citoyennes lambdas et des mots doux étaient déversés sur un papier recyclable. Je trouvais curieux qu'il faille passer par l'anonymat d'un pseudonyme pour crier son amour à un inconnu.
Le mode opératoire me dépassait par cet étrange paradoxe qui, à mon avis, traduisait un réel besoin de communication. Je trouvais l'idée séduisante grâce à ces auteurs d'un jour, d'une heure, qui, désireux de déjouer une timidité maladive, préféraient nourrir notre curiosité par un passage à l'acte courageux.
Cependant, je concluais à l'échec cuisant de ma génération qui communiquait de manière virtuelle, par le biais de courriers électroniques, de textos, de forums, de blogs, de messageries instantanées, de sites de rencontres, de courrier du cœur... Tout cela m'attristais même si je faisais partie de ceux qui profitaient au maximum de ces nouvelles technologies à double tranchant.
A mon goût, les trentenaires détournaient le problème. Certes, nous devenions une tranche d'âge majoritairement célibataire mais surtout, une entité livrée à elle-même, coincée entre le travail et les transports en commun. Le concept «métro, boulot, dodo» nous écorchait vifs. Le temps faisait son œuvre, interférait sur un mode de vie que nous espérions secrètement plus sain, plus zen, plus...romantique (?)
Pourtant, si autant d'outils étaient mis à notre disposition, si des journaux gratuits tendaient la perche à nos âmes esseulées, si les sites de rencontre fleurissaient et infestaient nos boîtes mails sans que nous y adhérions, il était évident que nous faisions face à un problème de taille tout en optant pour la politique de l'autruche. Regardons-nous sans nous regarder, aimons-nous sans nous aimer vraiment, parlons nous avant de nous plaire...Je trouvais cela pathétique et je comparais ces technologies nouvelles à un kit de survie. Nous abordions la chose sans trop nous dévoiler, attirant, par des déclarations, pas toujours délicates, des cœurs que nous espérions solitaires et solidaires des nôtres.
Où était donc passé le charme fou des rencontres fortuites qui nous poussait à la discussion ? Qui avait volé l'authenticité d'une jolie rencontre ? Parfois, on voudrait que ce soit comme dans les films, c'est tout comme, mais dans le métro...
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